Pérou Gourmet Canada: La gastronomie fait aussi partie de la culture

Les lauréats : Raphaël Robert (Canada), Andreea Couciu (Roumanie) et la grande gagnante, Ru Zhang (Chine). Photo: CCPCM.

Le concours culinaire péruvien à Montréal a décerné un prix au plus talentueux et innovateur aspirant chef.

Par César Salvatierra  / Traduction par Emmanuelle Richard
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On dit que les grandes décisions se prennent autour d’une bonne assiette. C’est la situation gratifiante dans laquelle s’est trouvé le jury du Pérou Gourmet Canada 2017, au moment où, pour la quatrième année consécutive, il honorait un aspirant chef pour ses incursions dans la cuisine péruvienne. Cette année, le prix a été remporté par une étudiante chinoise du nom de Ru Zhang, qui provient de l’école Pearson School of Culinary Arts. Son père, un chef chevronné et bien informé, lui a transmis un renseignement pendant qu’elle concourait: « Ma fille, il y a de l’influence orientale dans la cuisine péruvienne. » Et il avait raison. Tout comme au Canada, les Chinois sont arrivés en grand nombre au Pérou lors des temps lointains de l’esclavage au XIXe siècle. Leur arrivée a laissé les vestiges de leur culture; également ceux de leurs saveurs exquises. Connaître ce fait semble avoir été décisif dans la motivation de la gagnante, Ru Zhang.

Pendant la soirée de la remise des prix, l’une des juges, la chef péruvienne du restaurant San Ceferino, Claudia Arcienaga, nous a rappelé la vaste gamme de goûts et d’odeurs qui composent la renommée culinaire de son pays : « Une des saveurs importantes est sans aucun doute celle de la nourriture chinoise. » Cette touche orientale ne s’est pas imposée, mais elle a plutôt fusionné avec la cuisine du pays andin.

Pimientos rellenos, uno de los platos del concurso (foto: CCPCM).

Poivrons farcis, un des plats du concours (photo : CCPCM).

Lors de leur participation au concours, plus de trente étudiants de différentes écoles de cuisine de Montréal ont montré leurs habiletés dans la préparation d’un plat péruvien. Ils devaient choisir un des quatre plats suivants : la causa de betterave, le ceviche mixe (poisson et fruits de mer), la crème de Aji de Gallina ou les poivrons farcis du sud. Tout comme le gagnant de chaque édition, la jeune Ru Zhang s’est mérité un voyage à Lima, toutes dépenses payées, pour se régaler à même la source des bontés de la gastronomie du Pérou. La tournée culinaire durera une semaine, ce qui garantit à Ru Zhang un gain de quelques kilos pour son retour à Montréal! Les billets d’avion ont été donnés par Copa Airlines.

Andreea Couciu, une Roumaine rousse et grande comme le sont presque toutes les Européennes de l’est, s’est classée en deuxième position. La troisième position a été décernée à  Raphaël Robert, un Canadien de 19 ans conscient de la diversité exubérante de la cuisine péruvienne : « Les produits sont très variés, tout comme les façons de les apprêter. C’est un moyen de voyager à travers leur qualité. Les piments, par exemple, avec la multitude de types, goûts et odeurs offrent déjà tout un monde de possibilités ».

« Il n’est pas nécessaire d’être Péruvien pour en intégrer les plats dans sa cuisine. Cependant, le fait qu’une personne n’ait pas eu de contact avec la culture péruvienne, avec ses produits et nouvelles saveurs, constitue un défi plus grand. C’est tout un domaine à exploiter et c’est si stimulant », nous a expliqué une autre juge, la chef péruvienne Ruth Ascoli, propriétaire du restaurant San Ceferino, qui est en réalité une prestigieuse trattoria modèle de la fusion culinaire italo-péruvienne. San Ceferino est l’un des partenaires du concours et son siège au Pérou sera visité par la gagnante.

« La gastronomie péruvienne maintient sa base tout en étant versatile en ayant un contact avec d’autres saveurs et techniques. Cependant, la base ne change pas, nos ingrédients sont uniques et c’est ce qui la différencie des autres cultures », a précisé la chef Ascoli.

Pratiquement à la fin de la soirée, pendant que les gourmets et les curieux dégustaient à la hâte les plats péruviens disposés par l’organisateur, la Chambre de commerce Pérou-Canada de Montréal, deux des invités parlaient d’un sujet cardinal et le reste des assistants imbibaient leurs conversations avec un apéritif dérivé du pisco sour qui est un cocktail typique, le maracuyá sour, courtoisie du Consulat General Perou à Montreal. Il s’agissait de José Luis Peroni, le président de The Trade Office of Peru – OCEX Toronto, et du chef Marcel Larrea, également juge et propriétaire du restaurant montréalais Tiradito. Pour eux, la culture et la gastronomie ont fait en sorte que deux pays se rapprochent davantage : ce n’est pas un hasard que le Canada soit le deuxième acheteur de quinoa du Pérou. La bonne nourriture, avec sa nature, son histoire et son mystère, continuera d’ouvrir des sentiers et des liens multiculturels entre les domaines les plus différents.


César Salvatierra : Étudiant péruvien en Études hispaniques à l’Université de Montréal et président du Comité latino-américain de cette même université (CLAUM). Il s’est spécialisé dans la promotion de la culture hispano-américaine à Montréal et à Québec. Il est rédacteur et responsable des relations publiques d’HispanophoneLisez plus d’articles de l’auteur.

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